DIX QUESTIONS à Corinne Griffond

La campagne des élections sénatoriales bruisse de mille rumeurs. Vrai ?ou Faux ? Corinne Griffond répond aux questions sans complaisance d’Anne-Charlotte Delangle.

 

Pour quelle raison êtes-vous candidate ?

Jean François-Poncet et Daniel Soulage sénateurs sortants ne se représentent pas. Il y a deux sièges libres.

Je suis candidate car je veux faire entendre une voix différente portée par une femme (la seule dans cette campagne) engagée dans la vie publique locale et nationale depuis de nombreuses années.

Je ne me présente contre personne mais je me présente pourme mettre au service de la collectivité dans la continuité de mes engagements précédents.

J’ai été présidente de la CAF (Caisse d’Allocations familiales) du département pendant 10 ans  et de l’UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) pendant 11 ans. Je connais bien ce département.

Aujourd’hui Vice Présidente de l’Union Nationale des Associations Familiales, je travaille en lien constant avec les Ministères, le Sénat et l’Assemblée Nationale et je connais bien le fonctionnement de nos institutions.

 

Etes-vous soutenue par un parti politique ?

Je n’ai pas d’investiture, mais je suis adhérente au Parti Radical Valoisien et je revendique les valeurs radicales qui collent à notre territoire et qui sont le socle humaniste du Parti Radical.

 

Votre candidature ne gêne-t-elle pas les candidats de droite ?

Un  siège de Sénateur n’est pas une charge qui se transmet en héritage.

Ma  candidature est aussi  légitime qu’une d’autre.

 

En vous présentant ne risquez-vous pas de faire perdre la droite et de faire élire deux candidats de gauche ?

Il y a deux fois plus de candidatures à gauche.

Si vraiment deux de ces candidats étaient élus dès le premier tour, cela voudrait dire que les grands électeurs ne se reconnaissent pas dans les candidats de droite soutenus par les ténors de notre département.

Cela légitime encore plus ma candidature en dehors des arrangements de famille.

 

Certains prétendent, compte tenu de votre passé de militante CFDT, que vous êtes un sous-marin de la gauche. Qu’en est-il réellement ?

Le temps où il y avait une relation directe entre une adhésion à un syndicat et un parti politique est aujourd’hui de l’ordre du fantasme, et je rappelle que la CFDT a validé le projet de loi sur les retraites présenté par le Premier Ministre JP Raffarin en 2003 et a beaucoup discuté celui voté en 2010, sans en remettre en cause les constats.

Je suis fière d’adhérer à ce syndicat qui garde ses fondamentaux dans la défense et la représentation des salariés, tout en s’inscrivant clairement comme un partenaire social dans les discussions avec le gouvernement, quel que soit le gouvernement. Cela n’est absolument pas contradictoire avec mon adhésion au Parti Radical.

Jean Louis Borloo prône la « République des solutions ». C’est un chantier ouvert avec tous les partenaires.

Par ailleurs tout le monde sait très bien où je me situe, puisque j’ai fait le choix d’intégrer l’équipe de la Majorité municipale de la ville d’Agen.

 

Comment définissez-vous le rôle du sénateur ?

C’est le représentant des élus et de leur territoire et il doit être le lien entre le local et le national.

Il doit être dans la proximité et ne pas perdre le contact afin d’être toujours en capacité de bien « coller » aux réalités de terrain.

Même si les champs de compétences Etat, Région, Département sont clairement définis, le Sénateur  peut être aussi celui qui met de l’huile dans les rouages pour  débloquer un dossier local.

 

Durant cette campagne, quelle est votre préoccupation majeure ?

L’écoute et la disponibilité.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité être reçue par tous les élus dans leurs mairies pour bien prendre en compte leurs attentes dans une relation humaine de proximité.

Je prends le temps de l’échange qui est très enrichissant.

 

Quels sont les thèmes porteurs de votre campagne ?

L’intercommunalité car ce sujet est prégnant et douloureux pour certains élus. Beaucoup souhaitent vraiment qu’on les écoute sur ce thème, car par le biais de cette loi, leur territoire est totalement recomposé. Leurs choix seront lourds de conséquences pour l’avenir de leur commune.

Le maintien des personnes âgées à domicile : de plus en plus d’actualité car nos aînés ont droit à une attention particulière afin de rester le plus longtemps possible chez eux, mais aussi  parce qu’ils  représentent une  catégorie de population qui maintient  de la vie et de l’activité en milieu rural. Par ailleurs, leur présence est génératrice  d’emploi et donc source d’un développement  économique pour les familles et la société.

Le statut de l’élu local : nos élus sont des bénévoles qui aiment profondément leur commune. Ils ne sont pas assez reconnus dans leur fonction, alors même qu’elle les  entraîne  souvent dans des difficultés de gestion de leur  temps, surtout lorsqu’ils sont  salariés.

Si nous ne voulons pas avoir comme élus que des retraités (parce qu’ils en auraient le temps) ou des élites (parce qu’ils en auraient les moyens) nous devons être attentifs à mettre en place un statut de l’élu local.

Cela peut faire l’objet d’un projet ou une proposition de loi.

En dehors de ces trois sujets, j’ai aussi l’occasion de développer bien d’autres thèmes lors de mes rencontres.

 

Si vous êtes élue, dans quel groupe vous inscrirez-vous au Palais du Luxembourg ?

Dans le groupe RDSE : Radicaux Démocrates Sociaux Européens, c’est le groupe auquel devront s’inscrire tous les élus adhérents au Parti Radical Valoisien.

C’est une demande forte de Jean Louis Borloo et de Laurent Hénart.

Vous êtes une femme de la ville. N’est-ce pas un inconvénient lorsque l’on se présente dans un département rural ?

Est-ce que le fait de travailler maintenant en ville fait de moi une femme de la ville ?

J’ai vécu pendant 25 ans à Beauville où j’ai créé une crèche qui existe toujours.. Mes enfants ont fréquenté la classe unique d’Engayrac. J’y ai encore ma maison qu’un de mes fils habite.

J’ai très souvent participé aux travaux saisonniers : ramassage des fraises ou des prunes, castration du maïs…..

J’ai souffert avec mes amis agriculteurs devant des champs dévastés par les orages de grêle ou les tempêtes. Un de mes enfants a d’ailleurs choisi cette orientation professionnelle.

J’ai choisi de vivre aujourd’hui à Sainte Colombe en Bruilhois qui est aussi une commune rurale.

Dans mes fonctions de Vice Présidente de l’Union Nationale des Associations Familiales, je représente les Associations Familles Rurales dont je suis adhérente. De par mon histoire personnelle j’ai une bonne connaissance du milieu rural auquel je reste très attachée même si je suis aujourd’hui responsable de l’Action Sociale et Familiale dans mes fonctions d’élue à la ville d’Agen.

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