Haro sur la Politique Familiale

La Politique Familiale est malmenée et c’est dangereux

 

Alors ça y est, les députés socialistes (dont on prend bien soin de nous dire qu’ils ne sont pas frondeurs) ont tranché et on assiste à une attaque en règle de la Politique Familiale, relayée par des groupes de pression ou des intellectuels qui croient tout savoir d’un système dont ils ont oublié, à défaut de l’avoir su, les fondamentaux.

Il est incontestable que le déficit des comptes publics doit nous inciter à des économies et à beaucoup de prudence. Tout le monde sait aussi que l’Etat est en première ligne de ces dépenses qui nous donnent le tournis.

Dans l’annualité des évènements qui rythment le débat politique il y a le « marronnier » de la préparation budgétaire et chaque année au mois d’octobre on nous met en avant le PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale).

C’est ce moment qu’a choisi le parlement pour nous proposer de casser une politique qui a démontré son efficacité (toutes les études le prouvent) notamment en termes de démographie, d’activité féminine et d’apport de ressources complémentaires pour les familles modestes.

Bien sûr il faut mettre en œuvre des réformes pour tenter autant que possible de garder notre système de protection sociale.

Mais la Sécurité Sociale est un bel arbre avec sa branche maladie, sa branche vieillesse, sa branche accidents du travail et sa branche famille. Et ce n’est pas la Famille qui est malade car son déficit a été artificiellement créé par des transferts de charges des autres branches à la suite de décisions prises par les gouvernements précédents. De plus, malgré le paiement de ces charges indues, de l’avis des économistes, la branche famille retrouvera un équilibre et un excédent structurel en 2019.

On nous propose quand même de faire des économies sur la branche famille et on nous parle de quelques centaines de millions d’euros (400 pour 2015, 800 pour 2016) selon le ministre ou le député qui s’exprime. Alors que dans le même temps la branche maladie est déficitaire de plus de 8 milliards d’euros. On ne joue pas dans la même cour ! Et il y a là un manque de courage manifeste pour mettre en place les réformes qui s’imposent.

Alors, pourquoi s’attaquer à la Politique Familiale ?

Parce que c’est un positionnement idéologique.

En vertu de cette idéologie on nous dit que les « riches » doivent payer et qu’en conséquence les allocations familiales vont être modulées en fonction des revenus. C’est un discours démagogique.  Mettre en place une différence d’attribution des allocations familiales est un contre sens, alors même que la redistribution s’exerce déjà par les cotisations et les impôts. En effet plus les revenus sont élevés, plus leurs prélèvements sont importants.

Ce sont donc bien « les plus aisés » qui paient le plus et avec la mise en œuvre de cette modulation, ils vont payer 2 fois.

Depuis 2012, les mesures se sont succédées : Baisse du quotient familial, fiscalisation des majorations de pensions, réduction de l’Allocation de base de la PAJE… déjà plus de 4 milliards d’euros ont été pris aux familles. Aujourd’hui, avec ces nouvelles annonces, les familles et surtout les classes moyennes vont être à nouveau touchées.

Le principe même de notre protection sociale est l’universalité qui repose sur la solidarité.

Cela veut dire que ce sont les actifs qui payent pour les retraités, les biens portants pour les malades, les familles sans enfants à charge pour les familles avec enfants à charge.

Envisager une modulation des allocations familiales portera atteinte à cette solidarité horizontale et au principe d’universalité (à composition familiale identique, droits identiques).

Au-delà de la seule branche famille, accepter cette injustice sociale mettrait en péril l’ensemble de notre dispositif de protection sociale. Ce serait ouvrir la porte à toutes les dérives, car demain en effet, pourquoi ne pas appliquer le même principe à la maladie (ceux qui seront « plus aisés » auront droit à moins de remboursements alors même qu’ils continueront à cotiser plus).

Mesdames et Messieurs les Députés, Ne touchez pas aux principes fondateurs de la Sécurité Sociale.

Monsieur le Premier Ministre, Préservez l’universalité et la solidarité qui sont les piliers de notre cohésion sociale, notre pays en a besoin.

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