Le Petit Bleu du 24/06/2013. Corinne Griffond, 30 ans de militantisme familial

Hier, lors de l’assemblée générale de l’Unaf (Union nationale des associations familiales), Corinne Griffond a annoncé sa démission. Retour sur son parcours militant.

Pourquoi avoir pris cette décision de quitter le conseil d’administration de l’Unaf ?

Pour les mêmes raisons qui m’ont conduite à démissionner de l’Udaf, quand je me suis retrouvée dans l’équipe municipale agenaise. Pour ne pas risquer de conflits d’intérêts. Puis il me fallait ce temps de respiration entre le moment où je me suis lancée dans la campagne sénatoriale et maintenant. À présent, les dossiers nationaux que je portais à l’Unaf sont arrivés à échéance. Je n’en avais pas repris de nouveau depuis deux ans pour mener à bien ceux-là. À présent, je me suis lancée à fond dans la campagne des municipales au Passage-d’Agen.

Que représente cet engagement de la défense des familles pour vous ?

30 ans de ma vie ! Dont 15 à l’Unaf. J’ai mis de côté ma carrière professionnelle pour cela. La grande entreprise de services pour laquelle je travaillais m’a mise au placard avant la retraite d’office à seulement 30 ans d’ancienneté. J’y ai laissé beaucoup mais j’avais fait un choix !

Qu’est-ce qui vous a donné cette motivation, comment votre histoire a-t-elle commencé ?

Quand je suis arrivée en Lot-et-Garonne, je ne connaissais personne. Et comme toutes les mamans, la seule façon de rencontrer des gens, c’était à la sortie de l’école. Mes enfants, 4 ans et 2  ans, étaient scolarisés à Beauville. C’est là que j’ai connu l’association Familles rurales. Au départ, j’y suis allée pour prendre des cours de couture ! Puis assister à des soirées-débats. Les mamans disaient qu’il n’y avait aucun mode de garde pour les jeunes enfants sur le canton. Je me suis alors renseignée pour savoir comment gérer une crèche parentale. Et voilà le début ! Nous avons créé la troisième crèche parentale du département. Il y en avait une à Cazideroque et une à Colayrac. Les «ennuis» aussi ont commencé là ! J’ai dû faire face à beaucoup de réticences, de la part des élus qui me répondaient qu’il y avait les grands-parents pour garder les petits-enfants. C’était dans les années 82-84. Nous avons quand même obtenu un agrément pour douze. Cette crèche est toujours vivante. Tout s’est enchaîné à partir de là. J’ai rencontré le président de l’Udaf, Hippolithe Dessinge, qui m’a demandé de rentrer au conseil d’administration. J’avais 23 ans quand j’ai commencé dans le militantisme familial et 28 quand je suis entrée à la Caf et à l’Udaf. J’ai regardé, écouté, je suis complètement autodidacte.

Qu’avez-vous trouvé dans ce combat ?

Mes valeurs. La laïcité, le respect des autres, le service, le partage. À partir du moment où on se sent en phase avec cela, on prend des engagements. L’association Familles rurales défendait aussi la ruralité, c’est une notion à laquelle je suis attachée. Petite, j’étais à l’école en semaine à Paris et le week-end, les vacances, on allait chez mes oncles, mes grands-parents, à la campagne et à la montagne. D’ailleurs, on se retrouve encore tous les ans dans la maison familiale dans le Jura. L’Udaf m’a structurée. J’ai eu beaucoup de chance aussi, j’ai rencontré quatre premiers ministres. Que l’on soit d’accord ou pas avec leur sensibilité, c’est toujours très enrichissant de parlementer avec des personnages de ce rang.

De quoi pouvez-vous être fière dans cette carrière militante ?

Trois sujets m’ont tenu à cœur. Le surendettement, le microcrédit, la lutte contre les accidents de la vie courante. Je n’ai pas eu que des succès ! Le microcrédit a été mis en place dans 55 Udaf en France, je suis très contente de cela car je crois que c’est un outil d’insertion sociale et de prévention du surendettement. Le fichier positif de crédit est géré par la Banque de France. Un établissement bancaire doit le consulter avec le client avant de délivrer un autre crédit. La responsabilité de la banque est engagée et le client est mis en face de la réalité. Cette loi doit être votée tout prochainement à l’assemblée. J’ai participé à la loi du surendettement, avec Jean-Louis Borloo, qui crée la faillite civile, ce qui permet aux particuliers, comme pour les entreprises, de voir leurs dettes effacées. Les accidents de la vie courante, j’ai plaidé pour qu’ils deviennent grande cause nationale. Mais c’est l’illettrisme qui l’a été. Nous avons bénéficié d’une large couverture médiatique et la sensibilisation a été faite. C’est le principal.

Propos recueillis par C.D.V.

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