Moralisation de la vie publique ? Vous avez dit moralisation

J’ai le sentiment depuis plusieurs jours de vivre dans un monde qui « patauge  dans la gadoue ».

D’un côté il y a les turpitudes de certains des politiques très en vue, et plus spécialement du côté du gouvernement d’ailleurs, de l’autre côté il y a les remarques de nos concitoyens sur le mode du « tous pourris ».

Alors comme un noyé qui tenterait de se raccrocher à une branche qui passe, le Président de la République nous parle de moralisation de la vie publique. Mais de qui se moque-t-on ? Pour tenter de nous convaincre de la justesse des actions à venir, on nous propose donc plusieurs pistes.

Un référendum ? Mais qui a eu cette idée saugrenue ? Franchement vous vous voyez répondre à la question souhaitez-vous une moralisation de la vie politique ?On prend vraiment les citoyens de ce pays pour des imbéciles !!

Une déclaration de patrimoine ?Est-ce que l’affichage du patrimoine de chacun de ces élus fera de lui une personne honnête ? Est-ce que l’honnêteté se mesurera à l’épaisseur du portefeuille déclaré ? La réponse est non.

J’en veux pour preuve que cela existe déjà pour les parlementaires, et l’on voit bien aujourd’hui, à l’heure où beaucoup se bousculent devant la presse pour déclarer ses biens immobiliers ou autres placements, que certaines déclarations ne correspondent pas à celles qui ont été faites à l’Assemblée Nationale il y a seulement 10 mois. S’il ne s’agissait que de faire une déclaration solennelle, tous les parlementaires aujourd’hui qu’il s’agisse des députés ou des sénateurs seraient qualifiés  «  d’honnêtes » puisqu’ils ont tous scrupuleusement rempli cette obligation qui leur est faite par la loi.

N’y a-t-il rien à faire ? Si bien sûr, mais l’honnêteté ne se décrète pas, c’est une valeur qui se vit au quotidien

. Alors plutôt que ce qui est proposé ici ou là je pense qu’il serait préférable d’instaurer un contrôle fiscal approfondi chaque année de nos parlementaires. En tant que bénévole, j’ai eu droit en ce qui me concerne avec l’ensemble de mes collègues, à un contrôle de la cour des comptes qui a épluché scrupuleusement toutes mes indemnités de remboursement de frais engagés pour me rendre aux réunions à Paris dans le cadre de mes fonctions de Présidente d’UDAF et Administrateur de l’UNAF, et cela sur 4 années rétrospectivement. Les Parlementaires et membres du gouvernement sont-ils soumis au même régime ? Quand on voit comment ils refusent systématiquement toute fiscalisation d’une partiedes indemnités qui leur sont octroyées sans justificatif, je trouve qu’il y a loin du discours moralisateur aux actes posés !

Au-delà de cela, il serait nécessaire aussi d’avoir un regard particulier sur tout ce qui pourrait être appréhendé dans le cadre des conflits d’intérêts, cela va donc bien plus loin que ce qui est proposé aujourd’hui, et doit prendre en compte les relations qui peuvent exister entre la fonction et certaines activités professionnelles, de même qu’un suivi particulier devrait être instauré par le biais de commissions extra parlementaires, car tout le monde sait que dans le cadre d’auditions les parlementaires sont sujets aux pressions des lobbies (laboratoires, banques, assurances …)

Mais gardons-nous de généraliser. Fort heureusement tous n’y cèdent pas et l’on peut encore croire à la présence parlementaire d’élus intègres.

Nécessité aussi de revoir le système des subventions et l’on devrait mettre en place un dispositif encadré qui ne permettrait pas de subventionner avec des fonds publics les associations dont les membres du bureau sont inscrits au même parti que l’élu qui subventionne.

Ces dérives auxquelles nous assistons depuis des années ne nous permettent plus aujourd’hui de rire de celles commises en Italie ou en Russie.

car franchement ce que nous vivons depuis un assez long temps maintenant et qui nous semblait circonscris à la Corse ou à la Côte d’Azur,( pourtant 2 régions dans un état de droit républicain ! ), est devenu un phénomène national.

Je reste convaincue pour ma part que le premier gros chantier à mettre en œuvre pour commencer à élaborer des solutions à cette crise morale reste la loi sur le non  cumul de mandat. Lorsque nous n’accepterons plus que beaucoup de pouvoirs soient concentrés dans les mêmes mains, nous répartirons les risques et permettrons à plus de personnes d’exprimer une vision plus diversifiée de la vie publique.

Cela ne veut évidemment pas dire que c’est LA solution à la moralisation de la politique mais cela y contribuera. Puisque notre gouvernement recule, une fois de plus, devant la présentation de ce projet de loi, j’invite tous nos concitoyens à ne pas voter lors des prochains scrutins pour des cumulards. CHICHE !

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