Sud Ouest du 06/11/2012: « Un collectif plaide pour que les accidents domestiques soient reconnus Cause nationale »

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La cuisine est une pièce particulièrement dangereuse pour les enfants en bas âge. (Archives Stéphane Lartigue)

 

Présidé par l’Agenaise Corinne Griffond, le Collectif pour la lutte contre les accidents de la vie courante cherche à ce que l’Etat fasse de son combat une priorité.

Après l’autisme en 2012 et la solitude en 2011 ou le sida en 2005, le Collectif pour la lutte contre les accidents de la vie courante, nommé Clac, fort de 15 000 associations de terrain, milite afin que la lutte contre les accidents de la vie courante obtienne le label Grande cause nationale 2013.

Né en 2004, le Clac (1) est présidé sur le plan national par l’Agenaise Corinne Griffond. Laquelle rappelle qu’il y a quelque temps, elle a elle-même été victime de ce que l’on appelait autrefois un accident domestique. Installée sur une chaise, elle avait voulu s’appuyer sur une petite bibliothèque dont l’étagère s’est écroulée. Bilan : une entorse à la cheville.

« Sud Ouest ». Qu’est-ce qu’un accident de la vie courante ?

Corinne Griffond. C’est toute une série de petits accidents : le bébé qu’on laisse sans surveillance dans le bain ou sur la table à langer pour répondre au téléphone, le tapis qui fait un pli et sur lequel on glisse, l’ampoule que l’on change en montant sur une chaise au lieu de prendre l’escabeau, la bouteille d’eau de javel qu’on laisse à portée des enfants, la prise de courant non protégée, la piscine que l’on n’a pas couverte… L’éventail des accidents dits domestiques est très large. Soit autant de petites choses aux grandes conséquences, souvent dramatiques.

C’est-à-dire ?

Chaque année en France, il y a plus de 19 000 décès et un peu moins de 4,5 millions de blessés liés à ces accidents. Soit un accident toutes les 3 minutes et un total de 11 millions par an. Les personnes âgées de plus de 75 ans représentent plus du tiers des décès. Il y a des impacts financiers aussi.

Par exemple ?

L’ensemble de ces accidents a évidemment un coût. Lequel représente 10 % du montant total des frais de santé mais aussi 10 % des causes liées aux arrêts de travail. Pour informer, pour prévenir les gens, il ne faudrait pas un budget conséquent ni prendre de grosses mesures. Certes, les actions sont multiples, ce qui rend le travail d’information très difficile. Notre volonté est qu’il y ait une prise de conscience des pouvoirs publics pour faciliter nos actions quotidiennes. Le premier ministre doit prochainement rendre publique sa décision concernant la Grande cause nationale 2013. Aussi nous menons actuellement une « campagne » de communication (2). Ce mardi, nous animons un colloque à Paris dans les locaux du Conseil économique social et environnemental. En fait, des actions sont menées au quotidien un peu partout en France. Ce fut le cas en mai dernier à Agen.

Pourquoi le Clac que vous présidez se bat pour être reconnu Grande cause nationale ?

La variété des accidents est telle qu’il est difficile de communiquer (3). Avec les moyens alloués au label Grande cause nationale, nous disposerions d’espaces et d’argent pour informer le plus grand nombre, à la fois par thème et par saison. Les messages pourraient être ciblés. Au printemps, il serait question des dangers liés par exemple au barbecue. Il y a encore peu de temps, une marque vendait des paquets d’allume-feu dont l’emballage ressemblait à un papier pour bonbon. L’hiver, on communiquerait sur les cheminées et détecteurs de fumée.

(1) Le Clac – Collectif interassociatif pour la lutte contre les accidents de la vie courante – travaille avec l’Institut national de la consommation et la Commission de sécurité des consommateurs. (2) Lundi matin, à 8 h 45, Corinne Griffond est intervenue en direct sur France Info. (3) Quel que soit le type d’accident d’un enfant, il convient d’appeler le 15.

Les chiffres

24 Le nombre de blessés graves en Lot-et-Garonne lors d’accidents de la vie courante depuis le 1er janvier 2012, dont une par électrocution.

288 Le nombre de personnes qui se sont légèrement blessées dans le Lot-et-Garonne.

24Le nombre de personnes victimes de plaies hémorragiques dans le département.

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