Sud Ouest du 16/03/13. La bataille des femmes en politique

La parité a bougé les lignes mais les femmes doivent jouer des coudes

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Dans les quartiers généraux des partis, dans les coulisses des mairies, les élus et les politiques planchent. Qui fera partie des élections municipales 2014, qui mènera la danse sur telle ou telle commune ? S’agissant des élections municipales, la parité est imposée dans les communes de plus de 3 500 habitants depuis 2007, évitant toute tergiversation du moins comptable. Néanmoins, les considérations sexistes parfois persistent. Pour les Lot-et-Garonnaises investies depuis longtemps ou depuis peu dans la politique, la parité a été un « mal nécessaire » qui a fait avancer les figures féminines sur l’échiquier. Unanimement elles affirment que les choses ont évolué mais il reste encore du chemin à parcourir…

Questionnement… masculin

Maire de la Sauvetat-sur-Lède et présidente de la Communauté des quatre cantons, Françoise Laborde se souvient de ses débuts en politique : « Il a fallu faire face au type de pensée consistant à dire ‘‘C’est une femme donc elle n’est pas capable’’. Pensée aussi bien partagée par la population que la classe politique. Et il y a des fois où l’on me faisait comprendre que je devais tenir le rôle de la femme soumise. »

Une fois que la femme est jugée « capable », figure sur une liste et est de surcroît élue, quelles responsabilités lui donne-t-on ? « Au début de ma carrière politique, les femmes étaient cantonnées au social et aux affaires scolaires ou bien siégeaient dans les commissions de l’ombre », fait remarquer Maria Garrouste, aujourd’hui sans mandat, mais qui fut la première femme élue au Conseil municipal à Auradou et eut deux mandats de conseillère régionale.

Faire ses preuves

Pour creuser son sillon féminin dans l’univers politique à dominante masculine, il faut faire ses preuves. Corinne Griffond, élue municipale à Agen, a compris « que le travail et l’investissement ne suffisaient pas. Il a fallu que j’adopte une autre posture : j’affirme désormais mes positions en adoptant un langage sans pour autant tomber dans les excès agressifs dont certains hommes usent. Reste que dans l’inconscient collectif, une femme qui se fait entendre est souvent taxée d’hystérie… »

Le travail reste néanmoins la ligne directrice de la plupart des femmes qui lorsqu’elles ont obtenu leur place, « se doivent » de montrer qu’elles sont capables. « Certains hommes pensent que la fonction fait l’homme. Les femmes anticipent plus, ce qui a pour effet pervers de les freiner. Elles ont parfois la crainte de ne pas être à la hauteur de l’engagement. Crainte qui, croyez-moi, est bien inutile », lâche Laurence Valay, leader de l’opposition municipale marmandaise.

Parfois, il faut faire ses preuves sur des terrains improbables. « Lorsque j’ai été élue aux côtés du Dr Chollet à Agen en 1995, j’ai dû faire ma place en me lançant aux cantonales. Et j’ai eu droit au canton imprenable et dont aucun de mes collègues politiques masculins ne voulait : affronter Guy Saint-Martin sur Agen Sud-Est. »

Plusieurs vies à gérer

Une fois élues, ces Dames qui ont rarement accès aux postes les plus élevés, doivent jongler avec vie professionnelle, vie élective et vie familiale. Tout comme Maria Garrouste en son temps, Corinne Griffond a attendu que ses enfants soient sortis du nid pour se lancer à la conquête d’un mandat tel que celui de maire (elle est candidate au Passage pour 2014, NDLR). Catherine Pitous, conseillère municipale agenaise et conseillère générale, a fait quant à elle une croix sur ses vacances et attend 2015 avec impatience : « Je serai à la retraite et repartirai pour les cantonales avec la ferme intention de m’investir encore plus que je ne le fais. »

Complémentarité

Si leur vie politique exige des sacrifices (comme chez ces Messieurs d’ailleurs), le poids de la vie familiale et du quotidien dans leur emploi du temps leur offre, disent-elles, « un ancrage dans la réalité. »

Et cet ancrage permet une autre vision des dossiers. Qu’est-ce qu’apportent les femmes dans la politique ? « Autant de choses que les hommes » pour Laurence Valay mais aussi un peu « douceur et une vraie complémentarité » pour Catherine Pitous. Et si elles souhaitent être traitées « d’égal à égal » avec les Messieurs, elles affirment leurs différences « sans se renier », ajoute Corinne Griffond.

Reste que pour Laurence Maïoroff, « lorsque les femmes l’auront vraiment décidé, elles prendront le pouvoir. Elles ont déjà commencé, nous avons des élues régionales et une députée en la personne de Lucette Lousteau. » Et Maria Garrouste de conclure : « Les choses bougent mais encore trop lentement. Et je me réjouis aujourd’hui qu’une ministre soit déléguée aux droits des femmes… »

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